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De 1789 a Napoleon

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De 1789 a Napoleon

Message  Admin le Mer 20 Oct - 22:44

LA RÉVOLUTION DE 1789

On a tendance à faire coïncider la situation insurrectionnelle de Paris des 12 et 13 juillet 1789, puis de la prise de la Bastille, le 14, avec le commencement de la Révolution. En fait, quand elle a éclaté, la tempête révolutionnaire se préparait depuis longtemps.

Trente ans plus tôt, les idées nouvelles de la philosophie et des sciences, réunies dans L'Encyclopédie sous la direction de Diderot, avaient préparé le terrain de la contestation. Déjà les philosophes, qui avaient pour cible commune l'absolutisme despotique de la monarchie et de l'Eglise catholique, s'étaient fait des alliés dans toutes les classes de la société. De la bourgeoisie aux plus humbles curés de campagne et maîtres d'école, et jusqu'à la noblesse parlementaire, l'esprit des Lumières avait « contaminé » le pays, d'une façon irréversible. Plus proche, la participation de la France à la guerre d'indépendance américaine avait ranimé un vent de liberté. Mais, bien avant les exploits de La Fayette, un Voltaire prémonitoire avait écrit : « Tout ce que je vois jette les semences d'une révolution qui arrivera immanquablement et dont je n'aurai pas le plaisir d'être témoin. » Révolution annoncée, donc, et pourtant ignorée.

Louis XVI ne mesure pas toute la gravité de « la crise de régime » dont il a héritée à la mort de Louis XV. Le nouveau roi, faible, hésitant et velléitaire, balance entre rénovation et réaction, nomme un temps puis révoque des ministres libéraux (Turgot, Necker) qui auraient pu engager les réformes politiques indispensables. Le roi ne discerne pas mieux dans le climat social les espoirs déçus et les tensions qui sont les signes avant-coureurs d'un éclatement. Car la société refuse d'attendre plus longtemps une mutation profonde. Une nation de près de 27 millions d'habitants est sur le point d'exploser, et le roi va à la chasse. Dans son agenda, à la date des 12, 13 et 14 juillet, il note ces simples mots : « rien, rien, rien. » Ce n'est pas rien pourtant un Parlement qui brûle de prendre le pouvoir, une bourgeoisie qui prône des principes égalitaires quand ce ne sont pas ceux de la République. Ce n'est pas rien que les neuf dixièmes de la population, les paysans hier encore victimes silencieuses des droits féodaux, commencent à s'agiter. Car le peuple des campagnes n'en peut plus des inégalités, des abus seigneuriaux, de la pression fiscale.

Dans les milieux ruraux, la misère est grande, augmentée par des accidents climatiques alternant sécheresse, rigueur exceptionnelle des hivers et inondations. C'est l'hécatombe dans le cheptel, le blé manque, les prix montent en flèche, le pain est rare. Dans le secteur industriel, la situation économique est toutefois sensiblement meilleure, grâce à la modernisation des équipements (les forges du Creusot sont l'exemple d'un remarquable progrès). Mais les conditions de travail du monde ouvrier restent très pénibles, les salaires très faibles et le chômage important (à Paris, il y a au moins 120 000 indigents). Plus grave que jamais, le déficit des finances royales écrase de toujours plus d'impôts les classes laborieuses. Tous les facteurs sont réunis pour que se produise l'événement qui va voir un monde s'écrouler et un autre naître : la Révolution française. 1789 en est la date charnière, 1799 en est la fin. Dix années séparent l'ouverture des Etats généraux du coup d'état du 18 Brumaire. Dix ans pendant lesquels les Français ont vécu la formation de l'Assemblée nationale et l'élaboration d'une Constitution, la Déclaration des Droits de l'Homme et l'abolition des privilèges, la naissance de la République et l'exécution du roi, le culte de l'Etre suprême et l'institution de la Terreur, la guerre civile et les expéditions militaires victorieuses, le Directoire et la prise du pouvoir par un général ambitieux, Bonaparte.

A voir la suite des événements qui ont traversé cette décennie, il est plus juste de parler de plusieurs révolutions dans la Révolution. Cependant, ce qui en fait l'unité c'est sa volonté de détruire l'Ancien Régime, sa foi dans la raison et dans les sciences. C'est le temps où la suprématie des savants est incontestée. Les mathématiciens comme Laplace et Monge, les chimistes comme Lavoisier et Berthollet, les naturalistes comme Lacépède et Cuvier ou le botaniste Parmentier reçoivent tous les honneurs. De ce magnifique épanouissement intellectuel subsiste d'ailleurs le témoignage d'une œuvre collective : la création du système métrique, adopté par la Convention en août 1793. C'est aussi le temps où les gouvernants comme le public suivent avec passion les expéditions des explorateurs, couvrent de lauriers le vieux navigateur Bougainville, tremblent pour La Pérouse et les frégates l'Astrolabe et la Boussole, « portés disparus ». Cette foi en les sciences et en l'homme, qui anime les révolutionnaires, va naturellement les pousser à se montrer méfiants à l'égard de la religion. L'instruction, l'assistance publique, l'état civil sont laïcisés, le divorce admis. La conséquence logique en sera la séparation de l'Eglise et de l'Etat, en 1795.

Dans le souci permanent de resserrer l'unité de la nation, les assemblées révolutionnaires privilégient l'éducation civique, créent une administration uniforme, suppriment les douanes intérieures, généralisent le système unique des poids et mesures, fondent une armée nationale et, pour que tous ensemble les citoyens s'unissent dans la joie patriotique, inventent la Fête de la Fédération. A Paris, 100 000 fédérés venus de toutes les régions de France se pressent à la première cérémonie organisée le 14 juillet 1790, au Champ de Mars, dans une fervente fraternité et malgré la pluie. Dans ces rassemblements patriotiques, on entendra plus tard la Marseillaise. A l'origine Chant de guerre pour l'armée du Rhin composé à Strasbourg par le capitaine du génie Rouget de Lisle, ce chant sera repris et entonné tout au long de la route qui mènent les fédérés marseillais jusqu'à Paris, en juillet 1792, avant de devenir l'hymne national en 1795. Mais l'unité du peuple ne serait pas parfaite sans ce lien également fédérateur qu'est une langue commune à tous. Les maîtres d'école ont pour mission de faire pénétrer le français dans les provinces les plus reculées qui, pour la plupart, s'expriment encore en patois.

L'amour de la Patrie est la règle et les héros de l'Antiquité sont le modèle. Les écrivains comme les artistes s'engagent en répondant à l'enthousiasme du public pour les idées républicaines et en mettant l'art à son service. Le tableau de David, Les Licteurs rapportant à Brutus le corps de ses fils en est la meilleure illustration. A l'exemple des athlètes grecs, les hommes se passionnent pour le sport : course à pied au Champ de Mars, natation sur les bords de Seine. Gagnées par la mode de l'art néo-classique, les femmes, nouvelles reines de Paris et égéries des salons, adoptent une longue tunique fluide, resserrée sous la poitrine. On se bouscule chez Mme Roland et chez Mme de Staël, on admire la « tête politique » d'Olympe de Gouges qui propose et rédige les Droits de la Femme. Sans prétendre comme Olympe à l'égalité totale entre les sexes, les femmes se sont libérées du carcan où les siècles précédents les avaient enfermées. Elles ne sont pas seulement ces « tricoteuses » bavardes qui perturbent les débats des Assemblées, ou qui commentent haut et fort le comportement des condamnés menés à l'échafaud. Les femmes créent leurs propres clubs où l'on discute politique autour de la lecture du journal Le Moniteur et il n'est plus rare de voir des femmes d'affaires et des femmes chefs d'entreprise. Les plus délurées, les « amazones », dépassent souvent la mesure dans leurs provocations, aussi la « vertu » républicaine tente de les remettre au pas.

Car la vertu, comme la morale, est érigée en dogme. Ce qui amène d'ailleurs à des excès, avec leur corollaire de fanatisme. Des chefs-d'œuvre élevés jadis à la gloire des « tyrans » ou de la « superstition » doivent être protégés de la vindicte populaire. De fait, nombre d'entre eux sont mutilés. Des œuvres d'art, dispersées lors des pillages des châteaux et des églises sont heureusement sauvées par décret de la Convention. Ainsi sont épargnés les portraits que Mme Vigée-Lebrun a peint de la reine Marie-Antoinette et de ses enfants. Ainsi le peintre Lenoir réunit en un Musée des monuments français, les restes des sculptures médiévales qu'il a pu trouver. Qu'ils soient freinés pour leur « excès de zèle » dans l'ivresse de la revanche, les citoyens le comprennent plus ou moins bien. Ce qu'ils acceptent plus mal, c'est qu'on leur confisque la parole et qu'on ne réponde pas à leur aspiration de liberté. Naïfs ou très élaborés, les « cahiers de doléances » rédigés lors de la réunion des Etats généraux sont remplis de cet espoir de liberté et de cette soif d'équité. La Révolution ne pourra y répondre totalement, mais elle donne naissance à la déclaration des droits du 26 août 1789, qui consacre la majorité de ses dix-sept articles à cet espoir de liberté et d'égalité, en proclamant la liberté individuelle, la liberté d'opinion et la liberté d'expression. Elles s'expriment entre autres dans les mesures très symboliques que sont la suppression des lettres de cachet (qui donnaient au roi le pouvoir d'embastiller qui bon lui semblait), le droit à l'existence pour les protestants, la liberté de la presse (qui voit une extraordinaire prolifération de journaux : L’Ami du Peuple, Le Père Duchesne, La Sentinelle...).

Après liberté et fraternité, égalité est le maître mot des temps révolutionnaires. Comme première tâche, l'Assemblée se devait d'abattre la hiérarchie des classes sociales constituée par les trois ordres monarchiques : clergé, noblesse, tiers état. Des deux premiers, le clergé est le plus atteint. Ses biens immenses sont « mis à la disposition de la nation ». Le clergé n'a plus de privilèges financiers et juridiques, les ordres religieux sont abolis. Une Constitution civile du clergé oblige les prêtres à lui prêter serment : 300 000 d'entre eux sont bannis de France pour avoir refusé. En 1794, les « assermentés » cessent d'être fonctionnaires et ne reçoivent plus de traitement. Après 1795, l'Eglise catholique de France n'est plus qu'une association privée, entourée de méfiance et parfois en butte aux persécutions.

Très durement est également touchée la noblesse : plus de prérogatives honorifiques, plus d'hérédité des charges, plus de droits féodaux ; les titres sont brûlés en présence du Conseil municipal et de tous les citoyens. Les nobles qui n'ont pas émigré conservent leur terre mais sont frappés par les réquisitions en temps de guerre et les emprunts forcés. Ils peuvent remplir des fonctions publiques mais sont soumis à une constante suspicion. Ils ne sont d'ailleurs pas les derniers à monter à l'échafaud. A la suite du roi, de la reine Marie-Antoinette, de Philippe Egalité, et de milliers d'autres « suspects », les têtes nobles tombent nombreuses sous le couperet de la guillotine. Quand la lame de la machine à tuer du docteur Guillotin, imaginée pour rendre les exécutions « moins barbares », a épargné le noble, il peut vivre sur son domaine une existence plutôt paisible. Loin de la fièvre de Paris, la vie est plus facile pour le hobereau de province. En bon citoyen, il peut participer aux activités de la commune ou, comme c'est le hobby de la noblesse « éclairée », s'adonner à sa passion des expériences scientifiques : faire voler une montgolfière, concevoir une machine à vapeur. Pour le noble qui est sincèrement acquis aux idées révolutionnaires, il est apprécié qu'il prenne à sa charge l'ouverture d'une école de village. L'instruction reste la question majeure du temps, et les assemblées révolutionnaires se sont passionnées pour le problème de l'enseignement. Mirabeau sous la Constituante, Condorcet sous la Législative, l'abbé Grégoire sous la Convention demandent expressément une Instruction Publique. A la tribune, Danton s'écrit : « Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple ».

Dans son immense majorité, le peuple ne sait ni lire ni écrire. Qui va l'éduquer ? Les ordres ecclésiastiques qui s'en chargeaient jusque-là ont été dissous. Après de très nombreux travaux la Convention vote une loi en 1795 : il y aura au moins une école primaire par canton, mais elle ne sera gratuite que pour les indigents ; l'enseignement secondaire sera dispensé dans les nouvelles Ecoles Centrales de département avec pour disciples, en plus des lettres et des mathématiques, les sciences expérimentales, l'histoire, la géographie, les langues vivantes, le dessin et l'études des lois des différentes nations. L'intérêt plus grand encore que porte la Convention à l'éducation supérieure, l'amène à créer ou à réorganiser les Grandes Ecoles : Polytechnique, Mines, Ponts et Chaussées, Arts et Métiers. Dans l'idéal, chaque chef-lieu de département doit avoir sa bibliothèque et un dépôt d'archives. Les Archives Nationales sont fondées, les tableaux du roi réunis au Musée du Louvre. Avec les sciences physiques et mathématiques, les sciences morales et politiques, la littérature et les beaux-arts, le nouvel Institut doit, selon l'expression de Daunou, donner « l'abrégé du monde savant ».

Tant de culture est encore bien loin d'être à la portée du monde rural et des ouvriers. La Révolution n'a pas négligé le sort des masses populaires. Mais parmi les paysans, seuls les plus aisés, les propriétaires terriens, sont réellement favorisés par les mesures révolutionnaires. On en voit même qui se hissent au niveau de la bourgeoisie après avoir fait fortune en achetant des biens nationaux aux enchères. Cependant, l'abolition des impôts indirects de l'Ancien Régime (octrois, traites, gabelles, aides, etc.) et plus encore l'établissement d'un régime fiscal unique et l'application des mêmes lois pour tous, dans toutes les provinces de France, vont dans le sens du principe égalitaire. Mais les lois de ventôse, d'une hardiesse inouïe (égalité des biens, redistribution des terres) ne seront jamais appliquées. Un peu mieux traités, les ouvriers peuvent maintenant choisir leur métier. Les plus entreprenants s'établissent à leur compte grâce à la suppression des corps et des communautés à privilèges (corporations, jurandes). Enfin, l'ouverture à tous des emplois anciennement réservés aux nobles (armée, fonctions administratives et judiciaires) profite surtout à la bourgeoisie, riche et instruite.

La bourgeoisie, c'est la grande bénéficiaire de la Révolution. Ce sont les « notables » qui légifèrent, sont membres des clubs politiques décisionnaires, gouvernent et administrent la France. Ce sont eux aussi, banquiers et industriels, qui vont permettre la relance de l'économie. Enfin c'est dans les rangs de la bourgeoisie que se présentent les plus gros acheteurs de biens nationaux. Qui a quelque ressource profite de l'immense transfert de biens qui est l'un des traits majeurs de l'œuvre de la Révolution. Parmi les « gens du peuple », chez les artisans et les marchands, une partie réussit également à s'enrichir notablement par la spéculation (qui s'est partout généralisée) et la vente des fournitures à l'Etat. Certains roulent en boggy, rachètent des hôtels particuliers ou des terres à quelque petit noble ruiné. Mais ces « nouveaux riches » n'ont quand même pas les moyens de se mesurer à la haute bourgeoisie qui accourt pour acheter les meubles du château de Versailles, mis aux enchères le 25 août 1793. Les créations en bois de rose ou d'acajou des ébénistes Georges Jacob, Jean-Baptiste Sené ou Jean-Henri Riesener sont encore hors de portée de la plupart des intérieurs bourgeois.

Mais qu'importe, il reste la griserie des plaisirs qui s'est emparée des Parisiens. Ni la Terreur, ni la menace permanente d'être arrêté ou exécuté ne semble pouvoir arrêter ce tourbillon de vie. Haut cravaté, le monocle à la main, portant longue redingote sur culotte collante et bas de soie, on se mêle à la foule qui se presse dans les théâtres pour applaudir Talma à la Comédie-Française. Pour oublier la dépréciation constante des assignats, monnaie papier remise en service, on s'étourdit de quadrilles dans les bals bourgeois ou on s'encanaille avec les sans-culottes dans les « bastringues d'été » et les bals populaires. Parce que c'est la mode, on se bouscule pour écouter un opéra-comique de Grétry. Mais surtout, on flâne sous les portiques de la galerie du Palais-Royal récemment construite. On y fait de folles dépenses dans les boutiques, on s'y rend pour « être vu » ou voir les extravagants costumes des « incroyables », des muscadins aux cheveux longs et poudrés, des « merveilleuses » frissonnant dans leur robe impudemment transparente, ou encore, on se glisse dans les tripots de jeux, la passion des nantis du temps. Rien ne semble pouvoir gâcher ce bonheur. La farandole de liberté qui est la leur ne peut plus être entravée, mais quelques années plus tard, un glorieux général nommé Bonaparte arrête la danse.


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